Garumaoa
Dernière étape et avant dernier post !
Après avoir profité des eaux particulièrement claires du coté Est de Raroia, nous partons plein ouest pour rejoindre le village de Garumaoa, le seul de l’atoll, où habitent la quasi totalité des 300 habitants. Car malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, et Peter et moi avons notre vol pour Tahiti le lendemain.
La traversée est courte, mais pas aisée pour autant : il faut déceler les bommies tapis sous la surface malgré le soleil aligné avec notre cap ; par dessus ça, la carte Navionics, pourtant cher payée, est totalement fantaisiste aux alentours du village.
Nous arrivons sur place en fin d’après midi. Nous rejoignons le bord un peu plus tard, opération quelque peu risquée du fait des alizés qui lèvent un léger clapot dans l’atoll et des bommies, encore eux, qui n’attendent que de faire des croche-pattes (des croche-pales ?) au 9.9 de l’annexe.
En nous promenant dans le village, nous passons devant la mairie… et ses 38 panneaux disposés pour les affiches des élections européennes qui viennent de se terminer. Le dispositif semble plutôt saugrenu ! Je demanderai par la suite à quelques locaux leur avis sur ces élections et ils me répondront avec un petit sourire qu’ils ne se sont pas sentis particulièrement concernés, mais que certains sur l’île se sont fait un point d’honneur à accomplir leur devoir de citoyen français.
On aura le plaisir de rencontrer quelques habitants, dont Cédric qui pèche… à la machette ! Entre deux éclats de rire, il nous montrera une vidéo impressionnante où, le téléphone dans une main, la machette dans l’autre, il se rut sur des poissons pris au piège par la marée dans des bassins, et les assomme coup sur coup, le tout sur une musique survoltée !
Nous continuons dans le village jusqu’à arriver au nouveau môle qui accueille toutes les deux semaines la goélette chargée de ravitailler le village, en plus de l’avion. Il ne s’agit bien sûr plus d’une goélette depuis bien longtemps, mais le terme est resté parmi les locaux. Deux autres voiliers ont mouillé à proximité, dont on croisera l’équipage à terre le soir même… et le lendemain à l’aéroport, car ils sont là pour la même raison.
Nous arrivons finalement chez Kali, qui en plus de pécher et de travailler à l’aéroport, fait restaurant. Le menu ne sera pas très diversifié, mais délicieux : du thon, du thon et du thon… cuit, saisi, crû, en sauce, nature, en brochette, sous toutes ses variantes, et à profusion !
On discutera beaucoup de pêche, de plongée sous marine, de requin (et comment connaître leur intentions), surtout que Cédric nous a rejoins pour le dessert. Sur la photo dessous, Kali nous explique la pêche à la bouée : le fil est accroché du coté jaune, mais fixé avec une pince à linge coté vert, la bouée une fois à l’eau laisse donc apparaître le coté jaune ; lorsque le poisson mord, la pince saute et la bouée se retourne, montrant le coté vert !
Nous retournons au bateau après cette longue soirée pleine de palabres, même si Mickaël serait bien parti avec Cédric et Kali pour une session de pêche nocturne. Mais ça m’est que partie remise, il les rejoindra le lendemain après notre départ. En ce qui me concerne, il me reste quelques affaires à empaqueter.
Et après une bonne partie de la nuit à me gratter (rappelez vous les nonos du Twin Palms Yacht Club), le matin est là, notre avion pas encore mais je peux le guetter du hublot ! L’aéroport est visible (sur la photo à droite) et je me rassure de la faible activité sur place pour me convaincre que nous ne sommes pas en retard. Nous serons même largement en avance, malgré les remarques de Peter pour qui il n’y a pas de sens à arriver 2 h avant l’avion. Pour ma part, je me méfie un petit peu de l’organisation dans ce genre d’endroit et préfère suivre les conseils entendus la veille.
Nous rejoignons la plage malgré des conditions encore plus périlleuses que la veille : mon sac frôle déjà la limite des 25 kg, et la moindre vague trempant me affaires risquerait de décupler ce poids.
Heureusement tout se passe bien et nous arrivons 50 m plus loin au fameux Raroia International Airport. Le parking manque de limousines, j’imagine que ces prétentieux de raroiens trouvent ça surfait, mais il faut bien leur passer leurs caprices.
Et nous retrouvons Kali notre hôte de la veille et un autre habitant rencontré la veille dans le village… qui aussi prénommé Kali ! Derrière eux, les coffres rouges destinés pour Papeete regorgent de poissons frais, principale source de revenu pour l’atoll.
Et après une petite attente, notre ATR 70 arrive enfin. Peter avait finalement raison !
Le temps de jeter un dernier coup d’œil à Brizo derrière les palmiers, et après de longues effusions, nous partons avec Peter vers le tarmac.
Heureusement, les hôtesses ont le collier, la couronne de fleur et les tongs, sinon je ne serai pas monté dans l’avion.
Ça y est, Jenny & Mickaël, good luck and godspeed pour le reste de votre périple, et merci pour cette expérience inoubliable !
L’avion décolle peu après, l’occasion d’admirer une dernière fois Raroia, et, pendant le vol, quelques autres atolls.


Et trois heures plus tard, une fois atterri à Tahiti et au volant de la voiture de location, nous nous retrouvons sur la 2 x 3 voies en direction de Papeete. Après 2 mois bercé nuit et jour par les flots, loin de la civilisation, le dépaysement est un tantinet brutal.
Et afin d’éviter une coupure trop violente pour les lecteurs de ce blog (il en reste ?), je vous propose un dernier billet sur Tahiti dans les semaines qui arrivent…
(et rappelez vous que vous pouvez suivre la suite des aventures de Brizo ici, même si ils ont pris un peu d’avance, à moins que cela soit ce blog qui ait pris beaucoup de retard ?)
















